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| 8/10/2009 - 19:55 |
| SYNODE AFRICAIN (2): LA PAIX GRÂCE À L'INSTRUCTION, MÉDIAS ET LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ |
La paix est un objectif constamment poursuivi qui doit tenir compte de nombreuses valeurs communes, a déclaré Mgr Raymond Bernard Goudjo, secrétaire de la Commission Justitia et Pax de la Conférence Épiscopale Régionale de l'Afrique de l'Ouest, précisant que la recherche de la paix doit passer par l'instruction "afin que dans le relationnel qui, malgré la constante du conflictuel, poursuit l'amitié, elle soit en mesure de s'auto-conduire par elle-même, en vertu de l'Esprit de conseil, vers les biens personnels et sociaux les plus élevés". Mgr Fulgence Muteba Mugalu, évêque de Kilwa-Kasenga (République Démocratique du Congo) est ensuite intervenu sur le thème de la promotion d'une culture de paix, de réconciliation, de tolérance, de dialogue et de convivialité : "Les Églises d'Afrique ont intérêt à utiliser efficacement les médias et à relever certains défis. À l'heure du numérique c'est un impératif incontournable dans un environnement médiatique pollué par la manipulation, la propagande politique, le divertissement peu édifiant et l'activisme des sectes, mais aussi marqué par l'impérialisme des médias étrangers qui se proposent en s'imposant", a-t-il déclaré, avant d'ajouter que les populations africaines "doivent, elles aussi, être formées à l'usage des outils médiatiques avec discernement et esprit critique, à la lumière des principes éthiques et des droits humains. Quant aux opérateurs de la communication dans nos sociétés, il impérieux qu'ils soient sensibilisés sur la déontologie de leur métier et sur la responsabilité qui est la leur dans la promotion de la paix, de la justice, de la réconciliation et de la dignité de la personne humaine". De son côté, Mgr Giorgio Bertin, évêque de Djibouti et administrateur apostolique "ad nutum Sanctæ Sedis" de Mogadiscio, a évoqué le cas de la Somalie, un des rares pays africains à être encore en guerre ; Mgr Bertin a notamment sollicité l'intensification des efforts mobilisés contre le trafic d'armes et une plus grande collaboration de la communauté internationale pour reconstruire l'État, évoquant les victimes dans les rangs des militants de la justice, et notamment l'évêque de Mogadiscio, Salvatore Colombo, tué en 1989, et sour Leonella Sgorbati, la missionnaire laïque Annalena Tonelli, ainsi que les protestants et les nombreux musulmans somaliens. Mgr George Nkuo, évêque de Kumbo (Cameroun), a quant à lui mis l'accent sur la pauvreté, principal obstacle, selon lui, à la paix en Afrique et qui "signifie que les besoins primaires en matière de nourriture, de boisson et de logement ne sont pas satisfaits". L'évêque de Kumbo a notamment suggéré que "l'Afrique n'adopte pas précipitamment et à l'aveuglette" les techniques des organismes génétiquement modifiés (Ogm), s'agissant d'une "technologie relativement nouvelle" qui "demande une étude à long terme pour évaluer ses impacts sur l'environnement et sur la santé humaine". Mgr Louis Portella Mbuyu, évêque de Kinkala (République du Congo), s'est à son tour dit préoccupé que face aux nombreuses injustices et exploitations des ressources naturelles en Afrique, "l'Église finisse par ne plus s'en émouvoir, par s'y habituer, et par ne plus parler, devenant ainsi complice du malheur des populations, alors que sa mission est d'être "la voix des sans voix''". (CC/CN)
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